

13 Décembre 2003 Le Parisien - LE COMITÉ D'HYGIÈNE et de sécurité (CHSCT) de FedEx a fait appel au cabinet Eretra pour évaluer les difficultés de santé que rencontrent les salariés de la plate-forme de tri de colis, où l'activité est physique et stressante.
Les conclusions sans concession qui devraient être présentées le 7 janvier reposent sur l'analyse de documents internes et d'entretiens individuels. Les problèmes les plus courants sont le mal de dos, les douleurs à l'épaule, les douleurs articulaires et musculaires, les coupures et les déficiences d'audition. Certains postes sont en effet exposés à un niveau sonore supérieur à 85 décibels. FedEx fournit cependant dans l'équipement des protections contre le bruit.
Le taux de gravité des accidents de travail serait huit fois supérieur au taux national de 2001 et la fréquence, douze fois plus élevée. Pour 2002, le nombre de journées d'absence pour maladie atteindrait presque les 19 jours par ouvrier. Toujours selon les chiffres « alarmants » rapportés dans l'étude, un ouvrier sur deux serait victime d'un accident avec arrêt de travail.
Les experts ont relevé que l'activité des manutentionnaires au tri constitue un travail à la chaîne, avec répétitivité des gestes entraînant de possibles maladies professionnelles. Les entretiens ont montré qu'avec les horaires de nuit, les salariés ne font qu'un seul vrai repas par jour. La pause non payée entre 21 heures et 23 heures pour les ouvriers en « double fenêtre » se rapprocherait plus d'une astreinte que d'une coupure, la plupart d'entre eux restant sur le site. « Les avions doivent partir... mais à quel prix ? », s'interrogent les auteurs de l'étude.