Risques physiques


Cette famille de risques englobe tous les phénomènes physiques et les nuisances qui peuvent avoir un impact sur la santé humaine en milieu professionnel.


L’INRS ('Institut national de recherche et de sécurité) propose cette définition « les agents physiques peuvent agir sur le corps humain, qui s'adapte en permanence à son environnement. Il peut s'agir d'une réponse normale des cellules, des tissus ou des organes à une stimulation (par exemple, les infrarouges chauffent la peau). Les facultés de réaction du corps peuvent être dépassées dans certains cas : contraintes fortes, exposition de longue durée ou très intense (exemple : le coup de soleil). Dans certaines conditions, la santé de la personne exposée peut être menacée. »

Les valeurs limites d’exposition

Certaines activités professionnelles exposent le travailleur à des agents physiques qui peuvent être dommageables pour sa santé. Une exposition nulle étant pratiquement impossible à mettre en œuvre, on prévient les risques en réduisant le plus possible cette exposition et en fixant une limite à celle-ci. On définit donc des seuils à ne pas dépasser : les valeurs limites d’exposition professionnelle.

Ces valeurs sont tirées selon le cas des dispositions réglementaires françaises ou européennes, des normes françaises ou internationales, de recommandations nationales ou internationales.

Ces valeurs limites d’exposition s’articulent autour de plusieurs thématiques :

  • Le bruit ;
  • vibrations (transmises à l’ensemble du corps ou aux membres supérieurs) ;
  • La chaleur
  • La pression
  • L’électricité
  • Les rayonnements : l'ensemble des rayonnements non ionisants et ionisants : champs électromagnétiques de basse fréquence (très basses fréquences, ondes radio et micro-ondes), rayonnements optiques (infrarouges, visible et ultraviolets) et radioactivité (rayonnements alpha, bêta, gamma, X, neutronique…).

Ces rayonnements peuvent paraître très différents mais ils ont en commun leur nature physique : ce sont à la fois des ondes et des flux de particules énergétiques. Toutefois, leurs dangerosités sont caractérisées par des grandeurs différentes.

La démarche de prévention

La démarche de prévention obéit à des principes généraux figurant à l'article L. 4121-2 du Code du travail :

  • Eviter les risques ;
  • Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ;
  • Combattre les risques à la source ;
  • Adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production (…) ;
  • Tenir compte de l'état d'évolution de la technique ;
  • Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux ;
  • Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l'influence des facteurs ambiants (...) ;
  • Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ;
  • Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

Cette prévention ne peut être comprise que dans le cadre du respect de la réglementation et en particulier de ces principes.
Pour ces paramètres, la réglementation au travail s’organise depuis autour de trois axes : la réduction des nuisances et risques des machines ou des équipements, la conception des locaux de travail, la protection des travailleurs.
L’objectif de réduction des risques s’impose donc aussi bien à l’employeur qu’aux constructeurs de machines ou d’équipements professionnels, qu’aux concepteurs de locaux de travail
Parmi les risques physique, l’activité physique 'activité physique reste l'une des principales sources d'accidents du travail et de maladies professionnelle. Les pathologies liées à l'activité physique générale au travail sont notamment rattachées au risque traumatique, au risque musculo-squelettique (TMS du membre supérieur, lombalgies) et au risque cardio-vasculaire. Les Les troubles musculo-squelettique (TMS) recouvrent plusieurs maladies liées, en milieu professionnel, aux postures de travail extrêmes, aux efforts excessifs et aux gestes répétitifs. Ils constituent un facteur déterminant dans la survenue des maladies professionnelles. Pour le BIT (Bureau International du Travail) les TMS représentent actuellement le problème de santé au travail le plus répandu en Europe. Leurs conséquences humaines et économiques sont importantes et ils sont la première cause de maladies professionnelles indemnisées en France. A ce titre ce facteur sera l’objet de la section suivante

Les troubles musculo-squelettiques

Les Troubles musculo squelettiques sont des affections périarticulaires, des pathologies d’hypersollicitation. Ce sont les pathologies professionnelles les plus répandues dans les pays industrialisés (intensification des rythmes de travail et de la productivité). Les TMS touchent presque toutes les professions et les entreprises de toute taille. Les secteurs d’activité principalement touchés sont l'industrie agroalimentaire, la grande distribution, le BTP, les services aux personnes. Au-delà des souffrances et des situations de précarité et d’isolement que les TMS peuvent induire pour les salariés, les conséquences humaines et économiques sont non négligeables pour les entreprises.
* En France, les TMS représentent 95% des maladies professionnelles (avec ou sans arrêt de travail) reconnues pour les salariés agricoles et 81% pour les actifs du régime général.
* En 2008, 36926 nouveaux TMS indemnisés pour les actifs du régime général et 3255 pour les salariés du régime agricole.
* Le nombre de nouveaux cas de TMS indemnisés s’accroit d’environ 13% par an depuis 1995.
* L’indemnisation des TMS en 2008 a engendré la perte de 8,4 millions de journées de travail.
* Elle pèse pour 787 millions d'euros de frais couverts par les cotisations des entreprises pour les actifs du régime général et environ 60 millions d’euros pour les actifs agricoles.
* Pour les actifs du régime général, le coût des TMS représentent environ 40% du coût total des MP (avec ou sans arrêt de travail). Le coût moyen d’un TMS est estimé à 21300€
* Pour les actifs du régime agricole (RA), le coût des TMS représentent 89% du coût total des MP (avec ou sans arrêt de travail). Le coût moyen d’un TMS est estimé à 18400€
(Source : base de données de la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS/DRP) pour le régime général (RG) et de la Caisse centrale de la Mutualité Sociale Agricole (CCMSA) pour le régime agricole.)
Selon les données de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés, un total de 8,4 millions de journées de travail sont perdues chaque année à cause des TMS, qui génèrent 847 millions d’euros de frais par an. En 2010 c’est toujours la première cause de maladies professionnelles en France (source ministère du travail). Cela représente un coût très important pour les entreprises, il se répartit en :

  • Coût direct imputables à la gestion des TMS identifiés : cotisations assureur Indemnisations, absences, gestion du problème, modifications, etc.
  • Coûts de régulation liés aux dysfonctionnements induits dans le système productif existant : Absentéisme et turn-over, écarts de productivité, effets sur la production
  • Coûts stratégiques : risques liés à des effets de seuil et à des ruptures dans le système productif (régulation insuffisantes pour maintenir la capacité de production : perte de position stratégique).

Les troubles musculo squelettiques, se manifestent par la douleur, et touchent principalement les muscles, les tendons, et les nerfs, au niveau du membre supérieur: épaule, coude, poignet, main, doigt :

Atteintes musculaires

Les muscles sont des assemblages de fibres musculaires. Ces fibres peuvent se contracter ou s’étirer. Les muscles exercent des forces sur les os grâce aux tendons.
Lorsque les contraintes professionnelles et les capacités du salarié ne sont pas adaptées une fatigue musculaire apparaît, c’est un signe d’alerte de pathologie musculo squelettique.

  • La fatigue se traduit par des courbatures, quand l’intensité de l’exercice musculaire dépasse les capacités musculaires.
  • Le cou et les épaules sont les zones les plus touchées.

Atteintes tendineuses

Les tendons prolongent le muscle, et insèrent le muscle sur l’os. Les tendons sont donc soumis aux forces de traction des muscles. Le tendon est entouré par une gaine synoviale, qui le protège des frottements contre l’os ou les autres éléments des autres articulations.
Tendinite = inflammation du tendon, près de son insertion sur l’os.
Ténosynovite = inflammation du tendon et de la gaine qui l’entoure.
Les tendinites du membre supérieur concernent surtout:
* L’épaule : tendinite de la coiffe des rotateurs.
* Le coude : épicondylite.
* Le poignet, la main.

Atteintes nerveuses

Les atteintes nerveuses sont des syndrômes canalaires.
Les nerfs transmettent les ordres du cerveau vers les muscles, et ramènent les informations sensorielles au cerveau.
Dans les Troubles musculo squelettiques, la compression mécanique chronique du nerf va entraîner une prolifération de tissus conjonctif au niveau de l’enveloppe du nerf, d’où un blocage du nerf. La circulation du sang à ce niveau est également partiellement bloquée.
Le syndrôme du canal carpien est très fréquent:
* Il est dû à la compression du nerf médian au niveau du poignet.
* Il se traduit par des engourdissements la nuit des doigts de la main.

Les bursites et hygromas

Une bursite est un épanchement de liquide synovial au niveau de la bourse qui entoure l’articulation. Elle se localise au niveau de l’épaule, ou du coude.
Un hygroma est une bursite qui est devenue chronique, qui s’est organisée.

Les déterminants à l'apparition des TMS

Les causes de l'apparition des TMS ne sont pas à rechercher dans les facteurs de risque qui ne sont que des facilitateurs à l'apparition des troubles mais bien dans des déterminants qui impactent la situation de travail. On va ainsi trouver :
* L'organisation de la production ;
* L’organisation du travail ;
* La conception des équipements ;
* La conception des produits ;
* Les outils ;
* La gestuelle (en termes de consigne et de procédure) ;
* La gestion des compétences, de l'évolution de carrière, la polyvalence ;
* L'ambiance de travail ;
* Les dépendances organisationnelles ;
* Les modes de rémunération ;

La réglementation

L'employeur a l'obligation d'assurer la sécurité et de protéger la santé des travailleurs (articles L. 4121-1 à L. 4121-5 du code du travail) notamment en :

  • évaluant l'ensemble des risques auxquels les salariés sont susceptibles d'être exposés dans l'exercice de leur activité et qui ne peuvent être évités ;
  • planifiant la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la prévention des TMS ou celle des risques liés aux manutentions manuelles de charges (articles L. 4541-1, R. 4541-1 à R. 4541-11 du code du travail).
L'évaluation des risques doit être réalisée avec la participation des salariés et des représentants du personnel à partir des situations réelles de travail. La démarche d'évaluation des risques, formalisée par le document unique, a pour objectif de définir et de mettre en œuvre.

Pourquoi recourir à une expertise ?

Le CHSCT peut avoir recours à une expertise :
* lorsque les indicateurs de santé montrent une recrudescence des accidents du travail ; ou maladies professionnelles, ou des plaintes des salariés ;
* Pour faire reconnaître comme maladie professionnelle, les pathologies liés à l’activité du/des salariés. La reconnaissance des troubles musculo squelettiques en maladie professionnelle s’effectue sur le tableau N° 57, et donne droit à la prise en charge des dépenses de santé engendrées par les soins et éventuellement à des dédommagements en cas de séquelles ;
* Pour vérifier l’efficacité des mesures de prévention mise en place par l’entreprise.
* Pour identifier les risque lié à l’organisation du travail, notamment lors de la transformation des postes de travail, des tâches, des cadences et rythmes de production…
En aucun cas il ne faut en effet appliquer des solutions toutes faites. Chaque situation de travail est unique et il est nécessaire de faire appel à une analyse ergonomique pour s'assurer de prendre les bonnes mesures de prévention.
En effet les risques physiques dont les troubles musculo squelettiques sont plurifactoriels. Il est donc nécessaire d’étudier finement l’organisation du travail et l’activité réelles du travail les salariés dans toutes ses dimensions (physique, psychologique et psychique)
L’analyse permettra de propose des mesures de prévention adaptées et de dépasser l’approche « gestes et postures », qui est souvent la seule proposée par les entreprises.
Pour plus de renseignement reportez vous à la rubrique « Contact ».

Pour en savoir plus sur le WEB

Autres références bibliographiques

Bartoli M., 2000, « Management de la performance et intensification du travail », in Intensité

du travail et santé Quelles recherches, quelles actions ? Journées d’études Iseres-CGT, VO

Editions – L’Harmattan.
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"Prévenir les troubles musculo-squelettiques. Mieux articuler santé et organisation du travail. Actes du colloque. Paris, 27-28 novembre 2001". Réalisé en partenariat avec l'ANACT, le ministère des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité, la CNAMTS et la MSA. ED 4092, 2002, 98 p.

"Prévention des TMS : ne plus faire semblant". Santé et Travail, n° 35, 2001, pp. 19-51.

HERISSON C. ; FOUQUET B. ; CODINE P. et coll. "Membre supérieur et pathologie professionnelle (troubles musculo-squelettiques)". Collection de pathologie locomotrice et de médecine orthopédique. Masson, 2001, 180 p.

LAUDE A, Tabuteau D. « Code européen de la santé ». Editions Santé, 2009, 228 p.

BOURGEOIS F. ; LEMARCHAND C. et coll. "Troubles musculo-squelettiques et travail. Quand la santé interroge l'organisation". ANACT, 2000, 252 p.

PATRY L. ; ROSSIGNOL M. et coll. "Guide pour le diagnostic des lésions musculo-squelettiques attribuables au travail répétitif. 1. Le syndrome du canal carpien. 2 La ténosynovite de De Quervain". IRSST, Éditions Multimondes, 1997, 33 p., 26 p.

FRANCHI P. "Agir sur les maladies professionnelles : l'exemple des troubles musculo-squelettiques". ANACT, Editions Liaisons, 1997, 61 p.

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PUJOL M. ; ASSOUN J. et coll. "Pathologies professionnelles d'hypersollicitation. Atteinte périarticulaire du membre supérieur". Masson, 1993, 168 p.

Liste non exhaustive




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